Pauline, technicienne d’étude dans l’aéronautique : de la 3D, et bien plus…

Pauline, technicienne d’étude dans l’aéronautique Agence Galilée pour la DGE
Apprentie chez Safran Aircraft Engines, Pauline passe son BTS Conception de produits industriels en fin d’année. En poste dans un bureau d’études depuis bientôt 2 ans, elle nous décrit un métier qui demande autant de psychologie, d’astuce ou de capacité à communiquer que de compétences techniques.

« L’aéronautique, je baigne dedans depuis que je suis toute petite »

Cela fait bientôt deux ans que Pauline partage son temps entre les bancs du CFA et le site Safran Aircraft Engines de Montereau (Seine-et-Marne), une grande entreprise française qui fabrique des moteurs pour les Airbus, les Boeing, et les avions militaires comme le Rafale. Son itinéraire ne doit rien au hasard. « L’aéronautique, je baigne dedans depuis que je suis toute petite : mon père travaille dans un bureau d’études chez Safran, comme moi mais sur un autre site », dit-elle en souriant, comme si cette phrase expliquait tout le reste.

« Le problème, c’est que les filles ont une image fausse de l’industrie »

Au moment de faire son stage d’observation en fin de troisième, c’est tout naturellement chez Safran que Pauline passe une semaine… dans un bureau d’études. L’expérience lui plaît : elle s’imagine déjà ingénieur. Elle choisit alors la voie générale qui mène au Bac S, option Sciences de l’ingénieur, une filière qui attire une majorité de garçons. Tout comme le BTS CPI qu’elle choisit de suivre en alternance. « Le problème, c’est que les femmes ont une fausse image de l’industrie, explique Pauline., On n’est pas obligé d’aimer les avions ou les voitures pour choisir une filière technique. Ce qu’on apprend ici peut être utile dans d’autres secteurs comme l’agroalimentaire ou les cosmétiques. »

« Quand on fait l’essai et qu’on voit que ça fonctionne, c’est quand même une sacrée fierté ! » 

Chez Safran, Pauline conçoit des outils pour réparer ou inspecter les moteurs d’avions. Son unité est une sorte de grand service après–vente pour les compagnies aériennes. « Tous les outils que nous fabriquons sont des prototypes, conçus sur-mesure pour répondre aux besoins particuliers des compagnies aériennes. Avant d’en arriver à la modélisation sur logiciel 3D et aux premiers tests sur imprimante 3D, le travail de Pauline est fait de réunions, de négociations, et surtout d’écoute. Elle doit aussi être synthétique et claire lorsqu’elle rédige les cahiers des charges ou les notices d’utilisation des outils. « C’est un travail très varié. Mais, dit-elle dans un grand sourire, le moment le plus fort, c’est quand on fait l’essai de l’outil sur le moteur et qu’on voit que ça fonctionne. C’est quand même une sacrée fierté ! »

« On a fait une impression 3D de l‘outillage pour faire un premier test avant de lancer la fabrication »

Pauline a notamment conçu un outil servant à inspecter les bouches d’air que l’on trouve autour du moteur. « En gros, ce sont des ouvertures qui permettent d’utiliser la chaleur produite par le moteur pour chauffer l’intérieur de l’avion. Sinon, il ferait - 50° ! Ces bouches d’air ne sont pas accessibles facilement. Si on souhaite les inspecter il est nécessaire d’utiliser un endoscope, une petite caméra comme celle qu’utilisent les médecins. Ça évite de tout démonter. Mais pour s’assurer que la caméra vise au bon endroit, il fallait créer des pièces. C’est ce que j’ai fait. On a fait une impression 3D de l’outil pour faire un premier test avant de lancer la fabrication du prototype.»

« L’alternance me donne le sentiment d’être plus libre »

Pauline ne regrette pas ses choix : « l’alternance me donne le sentiment d’être plus libre. Dans la scolarité, on est passifs, on écoute. J’aime bien avoir cette possibilité d’être dans l’action. Mêmes les profs en CFA ne nous parlent plus comme à des écoliers. Bien sûr, on a moins de vacances, mais on est traités en adultes, on est payés, et on découvre vraiment le métier. » Un métier qu’elle avait entraperçu grâce à son père. « Moi j’ai la chance d’avoir un père qui m’a fait connaître ça, mais beaucoup ont une image totalement déformée de l’industrie. Et c’est dommage pour eux. »

Mots clés
Mis à jour le 12/03/2019

Partager

Sur le même sujet